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Après 15 ans, que reste-t-il de l’album Let Go de Nada Surf ?

A partir du 3 février prochain, Nada Surf revient en France pour fêter l’anniversaire de leur troisième album, Let Go. A l’époque, il changea la donne pour le groupe. Mais qu’en reste-t-il, quinze ans plus tard ?

Sous le chapiteau du Cabaret Sauvage, je m’attends à rencontrer les mêmes visages que d’habitude. Ce même public présent à la Gaîté Lyrique en avril 2016, puis au Bataclan huit mois plus tard pour le dernier concert parisien en date. Les cheveux seront un peu gris, les traits quelque peu tirés par la journée de travail. Les fans de la première heure. Qui chanteront tout de même à tue tête la set-list habituelle, parce que malgré son dédain pour cette chanson, le groupe ne laisserait personne partir sans leur accorder un peu de « Popular ».

A ce public se mêle une génération plus jeune, la mienne. Celle qui a découvert le groupe grâce à l’album Let Go. Délivré par le label Barsuk en 2002 en Europe, cet album sonnait un peu comme l’album de la rédemption après des mois de galère à compter les pièces sur des ventes de merch suite au sabotage de The Proximity Effect par leur ancien label, Elektra, qui avait refusé de le publier, forçant ainsi Nada Surf à le sortir par ses propres moyens.

Let Go, donc. Un album plus doux, plus sensible. Cette tournée anniversaire, c’est l’occasion pour tout le monde de se replonger dans ce cocon pop salvateur dont je trouverais difficilement les mots pour quantifier à quel point je l’aime.

Tout commence par une tempête.

L’album s’ouvre sur une référence aux vents qui touchèrent les états de New York et d’Ontario durant l’hiver de 1977. Pourtant, cette chanson s’attarde peu sur le climat mais plutôt sur la mélancolie d’une époque révolue, brève et imprévisible, un peu comme une tempête en 1977. Cette chanson est une des préférées parmi les fans et elle annonce la couleur de Let Go : cet album sera fort, introspectif, et oui, peut-être un peu triste.

« Fruit Fly » est une autre chanson qui prend au dépourvu. En concert, Matthew Caws blague en disant que c’est “tiré d’une histoire vraie”. Le connaissant, il trouva sans doute une métaphore poétique aux mouches qui tournoyaient dans sa cuisine. Ou il s’est simplement dit, “tiens je pourrais en faire une chanson”. Et c’est un peu pour ça qu’on l’aime. Des tubes parsèment l’album, on se souvient de l’hommage à Bob Dylan dans le titre “Blonde on Blonde”. Dans une interview accordée il y a près de deux ans, le groupe nous avait glissé qu’ils étaient fans de musique plus que musiciens, signe que quinze ans plus tard, ils sont toujours surpris de leur succès.

Mes chansons favorites de l’album ne font pas partie des tubes. J’en citerai une, tirée de mon top 42 : “Paper Boats”. Cette chanson dépasse la notion de beauté conventionnelle. Des doux accords de guitare calibrés par un léger métronome de percussions, elle glisse et coule comme un courant. Le rythme saccade le flux, systole, diastole. C’est mon cœur qui bat pendant six minutes et cinquante-cinq secondes.

Matthew est dans un train, écoute son propre cœur qui bat et se demande un peu comment il en est arrivé là. Ce mode de vie à toute vitesse qui pourtant a l’air fluide, presque tranquille. Assis dans un train, on n’a même pas l’impression de bouger. Et pourtant quand on croise le train d’en face, on lève à peine la tête pour observer ses passagers. Si on capte un regard, après un battement de paupières, le visage a disparu. Par cette merveilleuse chanson, et a fortiori par cet album, Nada Surf nous invite à nous asseoir, prendre le temps d’apprécier les mouches [“Fruit Fly”], la bière [“Killian’s Red”], les gens [“Paper Boats”, “Treading Water”], pour ce qu’ils sont ou pour leur sens caché. Marquer une pause. Sentir la systole. La diastole. Parce qu’il touche à ces thèmes intemporels, et directement au cœur de celui qui l’écoute, non, Let Go ne vieillira jamais.

Toutes les dates françaises de cette tournée anniversaire :

3 février – L’ Aeronef – Lille
04 février – La Sirene – La Rochelle
05 février – Cabaret Sauvage – Paris
06 février – Le Chabada- Angers
07 février – La Vapeur- Dijon
08 février – La Laiterie- Strasbourg
09 février – L’ Epicerie Moderne – Feyzin
10 février – Espace Malraux – Six Fours Les Plages
11 février – Le Bikini – Ramonville-St-Agne

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Playlist - Février 2018
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