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Alors comme ça, M. Boinet, le festival Art Rock vous appartient ?

Depuis 1983, Jean-Michel Boinet dirige et programme le festival Art Rock (Saint-Brieuc), que nos équipes ont longtemps couvert. Dans un courrier à son conseil d’administration en date d’octobre 2017, il lui annonce sa volonté de prendre sa retraite en mars 2018, après 35 ans de bons et loyaux services. Jusque-là, tout va bien.

Les membres de Wild Rose, association qui porte historiquement le festival, ont par contre dû tomber de leur chaise en parcourant la suite du courrier, publié ce matin par nos confrères du Télégramme, dans un papier fouillé qui en dit long sur l’ampleur des dégâts. Voici un extrait dudit courrier :

boinet

Non seulement Jean-Michel Boinet formule une demande des plus sidérantes en tentant de s’octroyer 25.000 euros annuels directement prélevés dans la poche de Wild Rose (structure subventionnée par ailleurs), mais il va même bien plus loin en assurant que la marque Art Rock garantira ainsi son bon développement, en stoppant notamment les velléités de rachat. Jean-Michel Boinet s’affranchit donc tranquillement de la structure d’Art Rock sous sa forme associative dont il n’est qu’un des membres, en expliquant que, de toute façon, c’est lui qui a déposé la marque Art Rock à l’INPI [Institut National de la Propriété Intellectuelle] en son propre nom. Ubuesque.

Pour finir sur une note encore toute personnelle, il propose également à son conseil d’administration de faciliter la passation de pouvoir avec sa fille Alice, certes déjà impliquée dans la vie du festival, mais dont la candidature de programmatrice doit être, en toute logique, confrontée à d’autres lors du départ du père. Une triste situation aux relents monarchiques, qui touche l’un des plus anciens festivals de France, à qui l’on doit des affiches complètement dingues, notamment au cours de ses dix premières années.

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5 commentaires

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Hervé Musse 18.04.2018

D’où vient le nom d »Art Rock »? D’une rencontre entre Marie Lhostis, J.M. Boinet et moi en 1982. Je venais d’être mis à disposition du Conseil Général des Côtes du Nord par le ministère de la Culture comme chargé de mission auprès de Charles Josselin, suite aux états généraux de la culture que j’avais organisés dans le département fin 1981. Wild Rose organisait depuis quelques années un festival de rock parmi d’autres, nombreux à l’époque, et cherchait à obtenir une subvention du Conseil Général. Je leur ai expliqué qu’il n’y avait pas de raison pour que ce festival, tel que, soit subventionné plus que d’autres par le département, sauf à le distinguer, et lui donner sens, en traitant une dimension originale : le rock, ce n’était (ce n’est) pas seulement une musique et une scène, c’était beaucoup plus: un mode de vie, de pensée, de création dans tous les domaines, notamment les arts plastiques et visuels, les arts vivants, théâtre, danse etc. tout ça suggérant un nom immédiatement identifiable et conclu autour de la table: Art Rock….En 1982, c’était une approche relativement originale, mais je dois dire que nous nous sommes compris au quart de tour avec Marie et Jean Michel, et le festival Art Rock est né comme ça: sans prendre ce nom, il n’aurait pas été subventionné, c’est aussi bête que ça. D’ailleurs, c’est le conseil général qui, sur le fond, et par ses subventions, a légitimé le festival « Art Rock » puis sa reconnaissance par la ville de Saint-Brieuc et d’autres partenaires institutionnels.

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Tatiana 15.03.2018

Dans un monde marchandisé à outrance, même le travail associatif (à but non lucratif donc) se vend à prix d’or par un malfrat décomplexé qui n’a pas hésité à déposer à l’INPI le fruit d’un travail collectif en son seul nom. Je serais curieuse de savoir ce que serait ArtRock si ce cher Mr Boinet n’avait du compter que sur son propre travail, ou encore à combien pourrait s’élever la « concession de licence » si on remunerait l’implication de chacune des personnes qui ont porté ce festival depuis 30 ans. Le concept même de propriété intellectuelle d’un événement pensé et porté collégialement sous une forme associative me semble aberrant. Ce festival appartient à la vie publique et culturelle de St Brieuc, continue d’exister depuis 30 ans grâce à l’énergie de bénévoles et une bonne part d’argent public ! Show must go on, sans royalties ni passe droit, si Alice veut prendre le pouvoir elle n’a qu’à faire preuve de ses compétences, et non de sa lignée, et si Mr Boinet possède le nom, qu’il se le garde et se le mette sur l’oreille (pour ne pas être vulgaire) nous n’avons qu’à en inventer un autre, et en profiter pour réfléchir ensemble aux valeurs que nous avons envie de porter lors de cette évènement. ArtRock se meurre étouffé par la cupidité de son ancêtre créateur; Bienvenue au nouveau festival de WildRose qui dynamisera tout aussi bien la ville de st brieuc, parce l’envie de partager quelques jours de festivités (musicales, culinaires, culturelles, solidaires, artistiques….) Est, elle, toujours intacte dans les coeurs briochins, n’en déplaise au despote Boinet et sa chère fille.

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nathalie 06.03.2018

Changez de nom, tout simplement. Qu’ArtRock devienne RockArt et le pb est réglé !

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Mick 06.03.2018

Habitant St Brieuc, je suis juste dégouté par une telle action…
C’est quand même le public, les sponsors, des fonds publics (30% quand même) et donc nos impôts qui font que le festival fonctionne.
Je n’achèterai donc aucune place pour Art Rock cette année tant que cette situation ne sera pas éclaircie.
Scandaleux qu’un type se permette une telle chose alors que c’est une asso, un collectif qui gère ce festival et l’a lancé il y a plus de 30 ans… Le nom aurait du être déposé par l’asso Wild Rose bien que Art Rock soit commun… Changez le nom pour le mettre à la retraite et tourner la page.
Heureusement que Picasso/Gauguin ont pas déposé Art et que Elvis Presley/Johnny Halliday,etc… On pas déposé le nom Rock à l’INPI !!!
Faites ce que je dis, pas ce que je fais.

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Erwan 02.03.2018

Ouah l’égo du type.

Mais quand Brossard a annoncé son départ des trans, il a donné aussi le nom de son successeur non?

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